L’accomplissement de Soi se réalise lorsque les voies de l’agir et du non-agir se rejoignent. La voie de l’agir pour s’éveiller à Soi, la voie du non-agir pour incarner cet éveil. S’éveiller à Soi et incarner cet éveil est un processus sans fin. Le travail débute précisément à l’endroit ou beaucoup imaginent leur accomplissement. L’éveil demande sans cesse à être réalisé, incarné, pour ne pas retourner dans l’oubli.

Aussi, s’il ne s’agit pas de simplement laisser les choses suivre leur cours. Il ne faut pas non plus vouloir trop en faire. Agir sans agir, c’est se maintenir au juste milieu ou rien n’est laissé de côté et ou rien n’est déployé de façon arbitraire, au risque de s’écarter de Soi.

L’accomplissement ultime intervient quand le visible et l’invisible, l’être et le non-être, le vide et le plein ne sont plus opposés mais coïncident en un vécu paradoxal.

La transformation s’opère à travers les règles suivantes :

Au début de l’accomplissement, l’enthousiasme risque de pousser à l’excès. Aussi est-il conseillé de ralentir et de freiner sa course. Repousser toute avidité permet de ne pas compromettre l’équilibre en visant au-delà de Soi.

Lorsque rien ne semble concourir à favoriser l’accomplissement, il est conseillé de faire confiance au temps au lieu de se mettre à rechercher un appui extérieur. Attendre le moment opportun. Tout est constamment changeant.

Il arrive que l’accomplissement entraîne l’apparition de situations difficiles. On est en but à l’hostilité, à la jalousie peut-être. Le voir c’est rester lucide. L’accomplissement demande de savoir faire preuve de courage pour consolider ses acquis.

Avec le temps, l’accomplissement peut sembler se ternir et devenir instable. Des traits gênants apparaissent qui peuvent ébranler. S’il convient de ne pas les négliger, il faut aussi être attentif à ne pas en rajouter. Juste rester attentif à ce qui est.

S’accrocher à l’accomplissement est une erreur. On veut alors trop en faire et la simplicité de cœur fait place au culte de l’apparence. Ne rien ajouter à ce qui est c’est relier avec simplicité l’intérieur et l’extérieur.

L’être accompli ne se laisse pas fasciner par le chemin parcouru. Tout change, se transforme. Refuser de le voir serait se mettre en danger. S’accomplir c’est aussi rester fluide, savoir aller de l’avant, d’accomplissement en accomplissement.

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