La constance est au cœur du Livre des Transformations car la pratique de l’éveil implique un ajustement continu aux mouvements de la vie. Il convient de ne pas se fixer sur ses acquis, de ne pas se contenter de maintenir ce qui a été obtenu, de ne rien retenir et de ne rien rejeter.

Toutefois, être résolu mais ne pas avoir de but ou s’engager vers un but puis l’abandonner ne mène nulle part. C’est rester constamment en marche vers nous-mêmes qui nous permettra de trouver l’assise profonde où nous rejoindrons le mouvement de la vie.

La constance nécessite de durer, c’est-à-dire de se renouveler sans cesse. Abandonnant toute rigidité et toute immobilité, il s’agit de se laisser transformer en maîtrisant sa force pour ne pas rechercher un résultat rapide mais s’engager dans une transformation sans fin.

La transformation s’opère à travers les règles suivantes

L’exercice de la constance n’est possible que si l’on sait réellement ce que l’on vise et si l’on ajuste son effort en conséquence. Car ne pas savoir où l’on va c’est risquer de se perdre, et tout vouloir de force c’est risquer de tout perdre.

Agir avec modération évite d’être entraîné au delà de ses moyens réels. Contrôler sa force, c’est maîtriser son adaptation à la réalité. N’en vouloir ni trop, ni trop vite, c’est préférer la constance à l’apparence.

Choisir la constance ne suffit pas, encore faut-il la pratiquer, c’est-à-dire ne pas se replier sur la fragile stabilité d’une position transitoire et s’exercer au changement aux yeux de tous. La constance devient alors indépendante du regard d’autrui.

Etre constant n’est pas affaire d’occasion, mais d’action. Etre constant en direction de soi suppose d’agir en conséquence de Soi. Il est rare de s’atteindre par chance. La constance suppose la durée, mais aussi l’agir.

Se mettre à distance peut favoriser la constance, mais peut aussi être une fuite. La constance n’est pas une affaire de position mais d’attitude faite de souplesse et de disponibilité au réel. Il s’agit de s’en tenir à chaque instant à ce qui est, et de s’y adapter.

Appuyer la constance sur ce qui dure ne mène qu’à la dureté d’une position, car rien de ce qui dure ne dure toujours. Et l’agitation qui en résulte éloigne de soi et des autres. La constance s’atteint dans la souplesse, la disponibilité et la force intérieure maîtrisée.

 

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