TRAVAIL JUNGIEN DU RÊVE : VIVRE SES RÊVES

Selon Jung, le rêve n’est pas une énigme dont le sens caché demande à être décrypté, mais il est à lui-même son propre commentaire. Interpréter un rêve, c’est en découvrir le sens interne à partir d’une mise en relation de sa structure, des images qu’il utilise et de la vie du rêveur.

Se confronter au sens des rêves, c’est rencontrer le processus d’individuation de manière vivante et être mis directement en mesure d’y adhérer en s’ordonnant à la volonté totalisante de ce que Jung nomme le « Soi ». Le « Soi » jungien peut être vu comme une version psychologique de la notion d’Atman du Vedanta. Selon le Vedanta, ce « Soi » est notre vrai « Je » oublié, la totalité dont le « moi » n’est qu’un fragment. Et il peut apparaître dans nos rêves à travers des images qui nous orientent progressivement en direction de l’éveil à cette totalité.

Le travail jungien des rêves peut ainsi être vécu comme une voie de connaissance de soi où le rêveur prend peu à peu conscience qu’une sorte d’accompagnement lui vient de l’intérieur par le truchement de ses rêves, et qu’il peut se laisser guider par eux vers le dépassement de ses difficultés et l’accès à une réconciliation interne. S’il accepte cette guidance, il pourra accéder à la réalisation non-duelle de la continuité à la fois relationnelle et identitaire du « moi » au « Soi ».

Du continuel mouvement d’aller-retour entre l’interprétation du vécu par les rêves et l’interprétation des rêves par le vécu pourra émerger un point de jonction où réaliser ses rêves, c’est devenir de plus en plus Soi. Il s’agit donc dans ce travail d’apprendre à habiter ses rêves en leur donnant corps comme d’autres habitent les Ecritures et s’en laissent transformer. Cette alchimie suppose une certaine manière d’écoute active des rêves que l’analyste facilite. (voir aussi…)

THÉRAPIE NON-DUELLE : ACCEDER A LA CONSCIENCE INCONDITIONNÉE

L’expression « non-dualité » dérive du mot sanskrit « advaita » qui signifie « non-deux ». Les thérapies non-duelles sont fondées sur la réalisation, inspirée des traditions spirituelles non-duelles, que la source fondamentale de toute guérison et de tout conflit repose dans l’éveil d’une conscience dite « inconditionnée » où s’effondre l’apparent morcellement de la réalité.

Dans un premier temps, c’est l’éveil à l’expérience de cette conscience naturellement accueillante et spacieuse qui est visé, notamment en favorisant une attitude de liberté par rapport aux désirs fondés sur l’attraction et la répulsion. Ensuite est enracinée la capacité à incarner cette conscience dans tous les aspects de la vie.

En pratique, différentes méthodes sont utilisées. Comme l’analyse déconstructive, qui permet de démanteler les constructions conceptuelles génératrices de souffrance. Ou encore la vision paradoxale, qui pointe l’impossibilité de capturer la réalité par nos pensées. Ces méthodes visent à créer un espace dans lequel les problèmes se dissolvent d’eux-mêmes dans l’acceptation de ce qui est. Elles ouvrent sur la possibilité de se réaliser totalement, quelles que soient les conditions de l’existence.

Dans mon approche, de simples conversations favorisent un espace d’échange, fait d’écoute profonde et sans jugement, où toutes les expériences du patient sont accueillies et observées. Progressivement, il pourra reconnaître cette présence ouverte, accueillante et libératrice comme sa vraie nature. Il est alors aidé à s’y relaxer et à observer l’apparition d’un savoir intérieur qui ne provient pas de sa seule volonté et qui est porteur de direction pour son existence.

PRATIQUES PRÉPARATOIRES

Le travail jungien des rêves et l’approche non-duelle de la psychothérapie supposent d’accepter de lâcher le contrôle de son existence au profit d’une direction qui émane d’un savoir intérieur. Ce type de travail peut se voir opposer de nombreuses résistances car du point de vue de l’ego, cela revient à accepter de lâcher son identité construite et de s’abandonner à la vérité non conceptuelle de sa nature fondamentale.

Il n’est pas rare d’avoir un aperçu de cette nature. Mais il est difficile d’en soutenir la conscience sans chercher à la reprendre à son propre compte lorsque le sens de soi semble perdre en stabilité et en cohérence. Et cela peut être une expérience profondément déstabilisante pour les personnes émotionnellement fragiles ou ayant subi des traumatismes autour de l’attachement.

Aussi, un travail réparateur important peut être nécessaire afin de pouvoir pleinement s’exposer, le cas échéant, à ce type de lâcher prise. A cet effet, d’autres approches présentées ci-dessous sont utilisées.

GESTALT-THÉRAPIE ANALYTIQUE

La Gestalt-thérapie Analytique conjugue l’approche de la gestalt-thérapie et de la psychanalyse jungienne. Elle procède par l’analyse du cours de la présence à soi-même et au monde en vue d’ouvrir à la création de manières souples et ajustées d’être au monde. Ce qui importe est avant tout ce qui se passe dans la relation du patient au monde. L’accent est moins mis sur le “pourquoi” de ses difficultés que sur la conscience du “comment” elles teintent son monde et en déforment l’expérience.

En pratique, il est accompagné dans la prise de conscience des processus constitutifs de son expérience dans l’ici-et-maintenant, afin de favoriser un élargissement de ses possibles, de ses capacités d’adaptation au monde et la restauration de sa liberté de choix. Cette transformation s’inscrit dans son processus d’individuation en référence aux concepts psychanalytiques jungiens.

RELAXOTHÉRAPIE ANALYTIQUE

La Relaxothérapie Analytique aborde la problématique par le biais du corps, de l’image et du langage. Elle associe différentes techniques de relaxation et de conscience corporelle. Sa partie analytique s’effectue à l’écoute des différents langages que sont le langage du corps, les images mentales, les associations d’idées et permet ainsi de relier le ressenti corporel et émotionnel à l’expression symbolique des images.

La Relaxothérapie Analytique inscrit les avancées du travail thérapeutique dans le processus d’individuation du sujet en le rendant à ses capacités d’autonomie et de responsabilité par le dénouement en profondeur de ses conflits internes et la réappropriation de la globalité du déroulement de son histoire. Son but est surtout de dénouer en profondeur les conflits intrapsychiques non résolus, et ce jusqu’aux niveaux archaïques préverbaux.

MÉDITATION

Le type de méditation que je propose consiste à développer une attention, instant après instant, dans le présent, aux sensations corporelles, aux pensées et aux émotions. Conjointement à cette orientation de l’attention, un accent particulier est mis sur la posture corporelle et la respiration.

Méditer ainsi, c’est se mettre en position de témoin de ses propres mécanismes de fonctionnement et adopter une attitude d’éclairage et d’ouverture à l’égard des sensations, des pensées et des émotions dont on est traversé. Ce qui veut dire accepter leur présence sans s’y identifier.

Ce type de méditation peut aider à réduire l’intensité de certains états de stress et d’anxiété. Ces bienfaits peuvent s’étendent à de nombreux autres troubles comme la dépression, les troubles obsessionnels compulsifs ou encore les maladies psychosomatiques. Au-delà, elle peut amener à l’expérience d’une totale libération intérieure.