31
01
2012
Ceux qui ne vivent pas de l’origine échouent dans l’activité comme dans la passivité, dans l’affirmation comme dans la négation.
Vivre de l’origine, c’est ne pas vouloir une chose plus qu’une autre, mais vouloir cela seulement qui nous conduit davantage à vivre à partir de notre centre, du Soi. Ce qui suppose de sortir de toute attitude réactive qui nous lie à ce à quoi nous réagissons. Cela suppose aussi de nous rendre indifférent.
Se rendre indifférent, ce n’est pas s’établir dans un état qui regarderait de loin les choses, mais c’est entrer dans un processus consistant à se rendre libre de toute idée préconçue sur soi-même, sur le monde et sur les choses, afin d’entrer dans une libre préférence. Lire la suite »
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3
10
2011
La Voie est parfaite comme l’espace : rien n’y manque et rien n’y est superflu
Toujours, quelque chose semble nous manquer. Alors nous accumulons des idées, des connaissances, des pratiques… qui semblent pouvoir nous combler, et nous nous créons ainsi une demeure où nous manquons de place, d’espace. L’espace, lui, accueille tout et ne rejette rien, et parce qu’il est sans demeure, il est chez lui partout. Or fondamentalement l’esprit est la Voie. Aussi, rejoindre la Voie c’est apprendre à être sans demeure, comme l’espace, en lâchant nos savoirs (pré)fabriqués sur le monde et sur nous-mêmes.
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1
09
2011
La Grande Voie n’est pas difficile pour qui demeure sans préférence ;
La découverte de soi n’est pas réservée à quelques uns, mais elle ne devient facile que pour qui apprend à demeurer sans préférence, c’est-à-dire pour qui ne fonde pas l’expérience de soi sur la fluctuation de ses désirs et de ses peurs, ou encore, pour qui apprend à ne rien attendre.
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12
08
2011
Lorsque les difficultés qui ont motivé une demande de thérapie ont été surmontées, certains patients veulent aller plus loin dans la connaissance d’eux-mêmes. Soit par exemple parce qu’ils sont traversés d’un sentiment d’inachèvement sans justification particulière. Ou parce qu’ils ont entrevue la possibilité d’une plus profonde réalisation d’eux-mêmes.
C’est particulièrement le cas dans une thérapie d’inspiration jungienne où le travail avec les rêves peut donner accès, de façon marquante, à une connaissance de soi plus profonde. C’est aussi vrai des thérapies non-duelles lorsque l’éveil à une conscience plus ouverte a pu être approchée.
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12
10
2010

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Sans chaussures et torse nu, il entre sur la place du marché.
En haillons, couvert de poussière, un sourire illumine son visage.
Sans user des secrets des dieux et des magiciens,
Il fait fleurir même les arbres desséchés.
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Le bouvier sur l’image n’est pas forcément celui que l’on croit. Le jeune bouvier pourrait être une autre version du bouvier du départ, alors que le moine serait le bouvier du départ arrivé au terme du chemin.
Mais la fin du chemin est son commencement. En fait, le bouvier et le moine ne font qu’un. L’individuation procède du Soi, l’archétype central de l’inconscient collectif selon Jung. Aussi personne ne s’éveille à Soi seul. Tout le monde s’éveille ensemble dans l’unique instant présent qui dure le temps que l’on s’en rende compte.
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28
08
2010

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Nous déployons trop d’efforts pour retourner à la Source,
A l’intime de Soi, sans rien chercher à voir ni à entendre,
Le bouvier, à l’intérieur de l’ermitage, ne voit pas ce qui lui fait face.
L’eau coule sans pourquoi et les fleurs sont naturellement rouges.
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Dans le neuvième tableau un paysage naturel apparaît. Tout était oublié, tout renaît, comme une fleur du vide… en même temps. C’est-à-dire que nous nous éveillons dans la non-dualité. Nous ne sommes pas « autre » que ce qui renaît. Nous ne sommes plus divisés de nous-mêmes, ni de ce qui nous entoure. Nous sommes l’intérieur et l’extérieur. Tout est un, complet et rien ne manque. Il n’y a jamais rien eu, il n’y a rien et il n’y aura jamais rien qui puisse ne pas être totalement ce qu’il est. Comment est-il possible que nous ayons pu l’oublier ?
Le retour à la source est le moment ou nous réalisons que tout était parfait dès le départ. Les choses sont ce qu’elles sont, et elles l’ont toujours été. Rien de vraiment spécial ! C’est à se demander si tout ce voyage était nécessaire pour en arriver là … au point de départ.
Le voyage de l’individuation et de l’Eveil nous emmène loin, il nous emmène chez nous, c’est-à-dire on ne peut plus près de nous, comme de toutes choses. Nous sommes toujours nous-mêmes, mais en vérité. La vérité en grec se dit « alétéhia » c’est-à-dire hors de la « léthé », hors de la léthargie, de l’endormissement, de l’oubli. Aléthéia c’est aussi la réalité. L’éveil de Soi conduit à la vérité, à la réalité des choses et de l’être. Maintenant les choses sont réellement ce qu’elles sont, nous… aussi.
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13
06
2010

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Fouet, attache, bouvier et taureau – tous sont vides.
Le ciel bleu qui s’étend au loin, est si immense qu’aucun message ne peut le contenir.
Comment des flocons de neige pourraient-ils tenir sur un four chauffé au rouge ?
Arrivé à ce point, l’intention des patriarches est manifeste.
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« Le taureau et l’enfant oubliés ». A en croire la huitième image, l’oubli et l’Eveil coïncident. C’est d’autant plus paradoxal que d’après la tradition de l’Eveil, nous ne nous éveillons en fin de compte qu’à ce que nous sommes, mais que nous oublions sans cesse ! En fait, nous ne ferions que retrouver ce qui était la depuis le départ et que nous cherchions partout ailleurs.
Toujours est-il que dans cette image, tout à disparu, seul le cercle demeure. Est-ce pour dire que personne ne peut atteindre au but ? Pourquoi parler d’individuation si personne ne l’atteint ? Pourtant, l’exigence interne d’advenir du Soi nous entraine dans le processus. Ne tournons-nous pas en rond ?
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21
04
2010

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Juché sur le taureau, l’enfant est de retour chez lui dans les montagnes.
Le taureau oublié, l’enfant reste seul sans rien faire.
Bien que le soleil du matin soit déjà haut, il rêve encore.
La corde et le fouet sont devenus inutiles.
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Juché sur le taureau, l’enfant est de retour chez lui dans les montagnes.
Le premier verset du sixième stade disait “Sur le dos du taureau, je désire rentrer chez moi”. Mais qu’est-ce que « rentrer chez soi » ? Le moi-égo est le reflet de Soi sur l’écran du mental et le mouvement de fermeture par lequel cette image est prise pour ce qu’elle reflète. C’est un mouvement d’oubli de Soi… reflet du mouvement d’éveil à Soi. Rentrer chez soi, c’est s’oublier soi-même… dans le bon sens.
Au septième stade l’image ne se prend plus pour sa source. Et alors que nous cherchions le vrai Soi, le « moi » qui cherchait a disparu. La disparition du « moi » qui cherche permet de ne plus être séparé de Soi. Devenir soi-même, c’est devenir le Soi même. A ce stade, le Soi n’est donc plus un objet de conscience mais la réalité de qui nous sommes. Nous sommes de retour chez nous.
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7
03
2010
Ce matin, je me suis réveillé avec une impression désagréable. A y regarder de plus près, je me suis rendu compte que j’étais habité par une angoisse diffuse, sans visage. Alors je me suis à réfléchir.
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On distingue la peur de l’angoisse. L’angoisse est associée à une sensation interne de resserrement (le mot angoisse vient du latin angustia qui veut dire resserrement) et d’oppression (ventre noué, difficulté à respirer, gorge serrée…). L’angoisse à ceci de particulier qu’elle n’est pas reliée à une représentation mentale. A contrario, on a toujours peur de quelque chose, et souvent de quelque chose d’extérieur, mais pas toujours (on peut avoir peur de prendre l’avion, mais aussi avoir peur de devenir fou).
Un mécanisme de défense usuel contre l’angoisse est d’inventer une peur a laquelle elle sera associée. C’est rassurant parce que si je sais de quoi j’ai peur, alors je peux m’en défendre, voir l’attaquer. « Si je vais mal, c’est parce que …. » ou « c’est à cause de… ».
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18
02
2010

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Sur le dos du taureau, je désire rentrer chez moi.
Je joue de la flûte dans la lueur du soleil couchant.
Chaque mesure, chaque mélodie est faite de sons d’harmonie.
Les intimes du vrai se reconnaissent sans mot.
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Au stade du retour chez Soi, l’effort d’apprivoisement a donné des résultats. Jusque la nos efforts étaient sinueux, faits d’aller et de retour entre des positions semblant contradictoires. Mais une fois vue la nature du Soi, nos efforts y trouvent leur centre. Aussi l’enfant ne peut plus être séduit par un côté plus qu’un autre. Il n’a plus besoin de prendre ni peur de lâcher. Et il ne peut plus être détourné de son chemin.
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